
Ma mère cantatrice, mezzo soprano chante à l'opéra comique sous le nom d'Amelia Delecluse.
Grand esprit de tolérance chez mes parents ; ils comprennent, comme ils disent : « le Monde de leur fille. » Beaucoup d’amour entre nous trois, qui ne se démentira jamais au cours de la vie. Nous nous racontons tout. Pas de barrière entre nous. Beaucoup de gaieté. On rit ensemble. Bien sûr, je suis enfant unique ! La musique emplit la maison. Moi, je suis une enfant fragile (de celles qui « ramassent tout »), solitaire, sauvage avec amabilité, grave et rieuse à la fois, aux écoutes, constamment en proie à un flot de question que je m’acharne à ne pas laisser sans réponse. Le tout premier sentiment dont je me souvienne ? La déception que me cause le monde des gens, leurs façons, leurs duplicité, leurs mensonges, leur faux savoir, leur suffisance. Je « devine » toujours ce qu’il y a derrière eux. Je vois que ce n’est pas beau, peu sincère. Et je ressens cela violemment. A l’intérieur de mon être, se trouve, très vif, irréfutable (et, hélas, inexprimable à cause de mon trop jeune âge, ce qui me fait souffrir) la certitude d’autres valeurs, d’autres vérités, d’autres apparences aussi que celles présentées par ce monde. Je me sens étrangère à cette terre. (Pourtant, je l’aime) Outre cela : je me sais en exil… Alors, prudente, circonspecte, je m’applique « à bien faire comme tout le monde », dans le souci bizarre (pas tant que cela ! la vie me l’apprendra par la suite) « de ne pas me faire repérer » !Donc, première vérité : « je suis d’Ailleurs » ( ! )
Je sors de toutes mes maladies enfantines, chaque fois avec un progrès de l’être, elles sont des tremplins.
Par exemple, on n’a jamais su comment j’avais appris à lire : en sortant d’une scarlatine gravissime, je lis couramment… et je n’ai plus arrêté depuis.
Dans l’enfance, tout y passera. Mais, d’abord, le dictionnaire : c’est mon ours en peluche à moi, je dors avec. A dix ans, Anatole France, Balzac, George Sand, Flaubert, Zola, Gauthier, Hugo etc… y passent. Et y repassent car je relis !
Ma vie intérieure enfantine est intense.
Tout est méditation, tout est sujet d’observation, de réflexion.
Je « devine » toujours mieux. Je veux comprendre. Il me faut des réponses. Et je m’apercevrai vite que ce ne seront pas celles que me fournira « l’enseignement classique et obligatoire ».
Je joue beaucoup. Les poupées, pouponner ? Fi ! Je fabrique moi-même mes " êtres " ( petits personnages – j’aime les miniatures – faits d’épingles-neige gainées de coton à broder, habillées et peintes). Au fond, je joue au démiurge, lançant ces personnages dans de fantastiques aventures, dans des sortes de quêtes . (J’ai retrouvé trente ans après, une petite magicienne aux cheveux carotte jadis condamnée "à la pendule à perpétuité " : elle était toujours dans la pendule de ma grand mère. Je l’ai libérée de sa « perpétuité » ! )
Dès le début des études, j’ai détesté, comme non conforme à mes désirs de savoir, l’Ecole, ses méthodes, ses relents de médiocrité, son enseignement faussé de banale confection ; je n’ai pas mieux aimé le lycée. Par souci de politesse, je fus bonne élève .
Mais j’étudiais, oh ! combien, seule, d’autres choses, moins orthodoxes, où je sentais bien que se trouvaient ''mes Portes.'' Et je n’ai pas cessé depuis. De sorte que, peu à peu, l’astrologie, la théosophie, le symbolisme, les religions, le folklore, les coutumes, le Grand Passé et les Vastes Ailleurs, le Tarot et ses Arcanes Vivants, la Tradition Une, la Rose+Croix, l’Alchimie, m’ont vraiment nourrie et me nourrissent encore là où mon Etre avait (et a toujours) essentiellement faim.
Et moi, que le monde apparent ne satisfaisait pas, j’ai vite compris combien passionnément, j’aimais par toutes mes fibres cet Humain, l’Homme de cette Terre, l’Etre qui n’ose pas affronter son immense merveille, ce prisonnier déchirant et déchiré qui se confine lui-même dans son étroitesse de convention. Les certitudes internes se sont faites vérités. Le sens de ma vie m’est apparu. Et j’ai voulu dire ce que je sentais, ce que je savais, ce que j’avais patiemment retrouvé, rassemblé, cette même lumière exprimée par mille facettes, j’ai voulu rendre à l’Homme, par mon travail d’écriture, la vérité de sa puissance voilée, le ramener à lui-même, à sa naturelle transcendance, à ses célestes origines, à toutes ses divines possibilités.
J’ai écrit dès l’enfance, puis dans l’adolescence, des poèmes. J’en écris toujours. Ils sont peut-être bien les clés de mon œuvre de romancière, d’ancêtre conteuse. Car je me suis sentie toujours si ancienne ! Poèmes ésotériques, initiatiques. Dons d’Amour. Puisque Amour est Connaissance.
Ce qui initie, c’est le « Cerveau du Cœur ». Pas l’intellect, pas le Mental. Et je me défends d’être une intellectuelle !
Le monde onirique m’a instruite, cela très tôt. Par mes rêves, j’ai appris, j’ai été guidée. Alors, les sources mémorielles se sont ouvertes, puisque je ne refusais pas, au nom d’un conformisme, ce qui m’était ainsi proposé. Issues de la vie nocturne, elles sont apparues ensuite dans la vie diurne. J’ai retrouvé progressivement ainsi, mes Vies antérieures.

1950, Un premier mariage… qui liquide un karma. J’attends depuis l’adolescence « celui qui doit revenir, celui de tout temps connu ». Je connais par avance sa voix, ses marques physiques.
Je guette. C’est long…
J’écris toujours.
J’étudie plus encore.....
L’inspiration foudroyante du grand cycle des Chroniques
réincarnationnelles me tombe dessus un jour, tout le
mécanisme
de travail à accomplir se révèle avec
tous ses
détails. Mais la maladie m’engloutit encore. Toute
ma vie
est toujours extrêmes souffrances physiques. J’y
apprends
l’extrême patience.
La fin de mon premier mariage me verra épuisée, ne voulant plus vivre. Je divorce. La mort s’approche de moi. Je la désire alors… Et je m’en sors ! Nous sommes en 1961.
J’avais plusieurs années auparavant retrouvé Kerlam, peintre ésotérique, mon mari à présent. Retrouvé et reconnu. Car lui qui m’attendait aussi me retrouvait et me reconnaissait dans le même instant.
Mais il était alors pour nous impossible de vivre ensemble. Il fallut encore attendre de longues années que nous crûmes sans espoir.
En Novembre 1964, ensemble, nous quittons Paris pour aller vivre dans un village d’Ardèche, à Saint-Montan où mes parents, âgés, nous rejoignent.

Ensemble, Kerlam et moi, nous approfondissons nos études ésotériques car, bien sûr, nous avons la même démarche dans le monde, les mêmes soucis, de « comprendre ». Nous échangions sans cesse les fruits de nos méditations, de nos révélations. Tout est partagé : nous nous sentons un seul être, bi-polaire, et qui permute ses pôles secrets.
Kerlam peint des tableaux fantastiques, oniriques, initiatiques.
Moi, j’écris le début de mon Cycle.
Enfin, j’envoie le premier roman '' Kobor Tigan’t, Chronique des Géants "
à notre ami Guy Tarade

lequel me recommande alors à Robert Charroux., , son épouse Yvette lit en premier, et s’enthousiasme.
Charroux lit à son tour… et me présente très vite à Robert Laffont, le jour même où les premiers astronautes posent le pied sur la lune !
C’était en Septembre 1969, Monsieur Laffont aima
le livre, me fit confiance pour la suite. Et la
Collection « Les Portes de
l’Etrange », avec
sa couverture or, inaugurée pour « Kobor
Tigan’t »,
fut créée et accueillit l’un
après l’autre
mes autres romans du cycle des Chroniques .
Enfin dans le bonheur....entre amis à Saint Montan
. 

Mémoire de la Vie… mémoire des Vies… mémoire de Nos Vies… mémoire de la Vie de cette planète et de ses Humanités…
Et lorsque nous nous sommes « retrouvés »…
- Elle : « la Dame soleil »
- Moi : « l’ Homme de la Terre », dans cette présente vie… ce fut comme une explosion !...
Explosion de joie et d’amour.. qui déclencha « une feu d’artifice de souvenirs surgis de tous nos passés » et l’intime sensation profonde, tenace, indestructible, de « savoir » que nous ne nous étions jamais quittés réellement… et que nos vies et nos destinées étaient liées à jamais… éternellement soudées !
Une fulgurante vue d’ ensemble synthétique, multiforme, intemporelle et cependant cohérente, jaillissait !
Les présences et les absences de l’Un avec l’Autre, au cours du temps… des années… des siècles… des millénaires… sont comme les jours et les nuits et vont, en se succédant selon les rythmes définis aux Plans Déifiés Inconnaissables, mais toujours présents, où la tâche prescrite et les rôles à jouer par chacun ne sont révélés aux acteurs… qu’à l’ouverture du « rideau » du grand théâtre de la vie, pour la scène prévue en l’instant limité par le Scénario et le Metteur en Scène.
Associés à jamais, partenaires en esprit en toutes ses formes et ses densités. Béni fut le jour où il nous fut autorisé d’en être conscients.
Car le but est bien là : « L’EVOLUTION » !
Et l’évolution générale commence par l’évolution de l’individu !
A-pprendre, c’est-à-dire : prendre avec l’âme, cultiver sa « friche interne », devenir son propre jardinier, puis devenir le jardinier des autres et cultiver les fruits de la vie. L’évolution est infinie et la Vie est Eternelle, comme Dieu son Créateur !
Avec « Markosamo le Sage », Christia Sylf a voulu rappeler des faits que nous avons vécus, des modèles qui ont existé, des expériences qui ont été faites, des exemples à suivre ou à éviter.
Les grands cycles de vie sont bâtis selon une gigantesque spirale rythmée par des influences périodiques.
Mais TOUT est inscrit et répertorié méthodiquement dans la vastissime bibliothèque de l’ Eternel.
Et grâce aux mémoires ancestrales gravées dans les '' Archives Akashiques'' du monde et au plus profond de chaque être, il est possible de faire surgir à la conscience, les souvenirs d’expériences utiles, afin d’éviter le retour d’erreurs regrettables.
C’est le but que Christia Sylf a poursuivi dans cette grande saga commencée avec : KOBOR TIGAN'T Chronique des Géants.
Cela avec l’étude des réactions caractérielles d’un groupe archétypal défini, sous la conduite de KEBELE , le Maître Intemporel .
Ces connaissances permettent la rectification des individus et de leur influence sur les événements, car, d’une certaine manière, nous repassons toujours sur de semblables rythmes d’influences de la grande spirale du destin en évolution constante.
Prenons par exemple les Atlantes, qui ont eu une civilisation ultra-perfectionnée, techniquement et matériellement évoluée, ils ont commis des fautes et des erreurs catastrophiques à l’échelle de leur puissance technique, qui leur valut l’anéantissement total… jusqu’à l’oubli de leur existence !
… Essayons d’éviter ces effroyables fautes !
C’est là l’essentiel du message de Christia Sylf qu’avec son immense talent de conteuse-écrivain, elle a voulu nous transmettre.
Partie beaucoup trop tôt, elle ne put achever la tâche qu’elle s’était imposée, malgré un travail acharné et sans trêve, jusque dans ses derniers instants de vie.
Et je fus le témoin de son souci majeur :
<< ..Je n’ai pas terminé ma tâche…, je n’ai pas dit tout ce que j’avais à exprimer… ! Vont-ils comprendre malgré tout … ?
Bien sûr, d’autres prendront le relais, je le souhaite, je le veux, je l’espère !
Allez mes frères, mes sœurs…
de '' là-haut ''j’essaierai de vous aider, de vous guider, de vous inspirer. >>
… Et c’est ce qu’elle fait !
Atteinte d’un mal inexpliqué, un œdème généralisé dont aucune analyse ne put déterminer l’origine et qui disparut soudainement sans laisser de traces… mais, qui fut suivi quelques jours plus tard d’une hémiplégie droite, lui interdisant d’écrire malgré des efforts désespérés durant trois semaines.
Elle n’a jamais formulé la moindre plainte…parfaitement consciente de son état et prévoyant son départ à quelques heures près….
Christia Sylf a "transité" dans la plus grande sérénité et dans une conscience absolue, à Entrevaux dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, le 28 novembre 1980 à 2 h15 du matin,…en disant à l’infirmière de nuit :
- Au revoir, Madame, je pars… on m’attend !
Dès après son départ, elle a donné des preuves de sa survie et de ses nouvelles activités…
Toutefois, dans un « communiqué », elle nous a dit qu’on l’avait rappelée plus tôt que prévu…
......parce qu’elle allait révéler prématurément des secrets sur les relations entre les deux plans de vie !
Mais son action dans le but qu’elle poursuit se continue intemporellement avec d’autres Grands Etres de ce monde sur les deux plans, les deux côtés du "rideau " .
(Texte de Kerlam - Préface du roman " MARKOSAMO LE SAGE - Chroniques d'Atlantide " )